Jardin piégé !

Temps de lecture: 2 minutes.

 En Grèce, il n’y avait que les très riches -occupants ottomans ou aristocrates grecs- pour bénéficier d’un vrai jardin ou même d’un bois. Ce qui caractérise le jardin turc, tel qu’il est décrit chez Kazantzakis, c’est la hauteur des arbres et les brassées de fleurs des arbustes, c’est-à-dire un véritable luxe inaccessible au commun des mortels. C’est un endroit secret et interdit de toute façon aux non-Turcs. Les essences rares, les odeurs capiteuses combinées à la proximité d’un jet d’eau rafraichissant produisent chez l’intrus une véritable ivresse sensuelle et étrange. Les femmes de l’agha s’y promènent et on peut les entendre rire et chanter, dissimulées derrière des machourabiehs tarabiscotés. En entrant dans ce jardin fermé on pénètre dans l’intimité de personnes ennemies ou que l’on craint de toute façon, on a la sensation qu’on ne devrait pas être là, qu’il vaudrait mieux qu’on ne soit pas là. Le héros grec est attiré par la sensualité de l’amané, perdu dans la profusion et le savant désordre de la végétation, enivré par les senteurs de jasmin, étourdi par le jaillissement de l’eau. Il sait que le notable turc est là, que les femmes du harem sont tout près… il a peur !…. de succomber ?

Photo: Karpathos, montée dans le village d’Olymbos. (c) tous droits réservés à GP.

 

Laisser un commentaire