Donnez-nous des jardins …

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… non pas « pour y faire des bêtises » ainsi que le dit la chanson, mais pour en faire le lieu mythique de tous les fantasmes et un motif esthétique de la littérature grecque. Du Παράδεισος de la Genèse au petit jardin de dix pas de Séféris, en passant par celui d’Achille Tatius, ils ont tous un côté quasi miraculeux : frondaisons, reflets et couleurs, luxuriance… même si les fleurs et les fruits n’y poussent pas tout au long de l’année et sans souci des saisons, comme dans le grand jardin du roi des Phéaciens qui est décrit dans l’Odyssée… La nouveauté depuis le jardin d’Eden, c’est qu’il est entouré de murs qui le protègent… C’est toute la problématique développée au fil de la littérature grecque : le jardin et son contenu (arbres, végétation, habitants) doivent être protégés du vulgum pecus, mais doivent également être entre-aperçus pour faire envie au vulgum pecus… Ce mur d’enceinte va faire du jardinier un gardien et de la jeune-fille du jardin soit une prisonnière soit un petit être fragile qu’il faut protéger, soit les deux à la fois. Car bien sûr il est interdit d’entrer dans le jardin, comme il est interdit d’aimer d’amour la jeune-fille. Situation paradoxale et toujours d’actualité : Une fois qu’on est entré dans le jardin, on peut s’y abriter des regards et y vivre son amour clandestinement.

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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