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Hérodote, historien du – V° surnommé « le Père de l’histoire », a écrit une épopée considérable en prose plus ou moins romancée évoquant les conflits opposant les Grecs et les Perses. On n’y trouve pas de mépris pour les barbares que sont pour lui les Perses …. mais plutôt de la curiosité et même de la fascination ! Lorsqu’il décrit les troupes perses, il insiste sur les couleurs des vêtements ou des peaux de bêtes qui recouvrent le corps des combattants – qui sans doute évoquent pour lui des sortes de déguisements -, sur les formes inconnues des casques et des coiffes, sur l’armement qui lui semble bizarre. Avec Hérodote on pénètre dans la couleur locale, le folklore avant la lettre. Bref ! Le barbare est exotique ! Malgré tout, il essaie de rationnaliser ce qu’il voit et qu’il ressent. Il tente des comparaisons entre les peuples en présence, en particulier entre les Assyriens et les Egyptiens, il nomme toujours le chef des troupes pour qu’on s’y retrouve car il y a de quoi s’y perdre …, et il n’hésite pas à dire qu’il ne sait pas ou qu’il ne comprend pas. On sent bien qu’il est partagé entre l’obligation d’ordonnancer son récit, son envie de catégoriser et de mieux connaître ces hommes si différents, mais il est souvent rattrapé par son goût pour les invraisemblances – les Colchidiens ont des boucliers en cuir de boeuf cru – et le plaisir qu’il trouve à décrire une armée perse disparate, bariolée, éblouissante et qui fait peur….
Photo: Athènes, Acropole, bas du rempart. (c) tous droits réservés à GP.