Le marchand de jarres n’aime pas qu’on le photographie.

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Une île montagneuse de la mer Egée avec une toute petite dizaine de milliers d’habitants, et pas ou peu de touristes…

Dans les villages on rencontre souvent les mêmes personnes, on les salue distraitement, comme fondues dans le décor…  A la grande boulangerie-pâtisserie, les employées s’activent dans l’atelier et finissent les délicieux rouleaux au chocolat. Notre logeuse discute dans la rue avec ses amies, elles se rendent bras dessus-dessous à l’église. Le vieux paysan m’attend au coin de la rue pour me donner une poignée de sauge sauvage « C’est de la sauge, de la vraie ».  La caissière du petit supermarché nous informe que nous avons épuisé son stock de vin résiné et qu’il nous faudra attendre la prochaine livraison. Je me sens obligée de me justifier: « Mais, c’est qu’on est nombreux ! » Comme je m’étonne que l’épicière prépare des fleurs de courgettes farcies tout en me rendant la monnaie : « C’est pour mon fils de la taverne Η Πέρδικα, à côté ». D’ailleurs, si nous voulons en manger ce soir, elle en a fait plus de 50 ! Toutes les activités semblent s’organiser tranquillement et sans heurt, et chaque personne est à sa place, comme la γιαγιά en costume traditionnel qui boit un rafraîchissement tous les jours, à la même heure et à la même table du café. Le camion du marchand de jarres passe et repasse au ralenti dans les villages avec son chargement de pots en tous genres. Le conducteur attend que quelqu’un lui fasse signe et il n’aime pas beaucoup que je le photographie ! Mais c’est qu’à force de le voir, il fait partie du paysage !

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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