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Le fait que le grec moderne a puisé dans ses racines historiques pour construire des mots nouveaux a généré des problèmes auxquels on ne penserait pas. Prenons par exemple le mot γραμμόφωνο ( γράμμα + φωνή qui écrit la voix). Impossible en grec de couper ce mot interminable, on tomberait sur γραμμή la ligne ou γράμμα la lettre, alors qu’en français on a pu dire en son temps : phono. En ce qui concerne le mot cinéma : κινηματογράφο (γράφω + κίνημα qui écrit le mouvement), les Grecs sont condamnés à dire : cinématographe. Le mot ne peut être abrévié en raison justement de cet emprunt endogène. On retombe toujours sur le mot κίνημα, dont le sens de mouvement est tout à fait d’actualité… Alors qu’en empruntant au grec une racine allogène, le français a pu abrévier en cinéma et même ciné, et construire également à partir d’une autre racine grecque : cinéphile. Les Grecs sont obligés de se trimballer ces mots désuets et à rallonge, à moins d’emprunter à une autre langue. .. ce qu’ils ont fait d’ailleurs avec le français σίνεμα, ce qui est quand même un comble !
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