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… vous fait rentrer tout de suite dans le petit cercle d’initiés auxquels on peut se confier sans crainte. Nous n’imaginez pas tout ce que j’ai appris spontanément en payant mes haricots verts chez le μανάβη ou en achetant des cartes postales dans un magasin touristique ! Une vendeuse en bijouterie a littéralement éclaté en sanglots dans mes bras car une jeune Française, qui lui avait demandé de recouper un bracelet, ne voulait plus l’acheter. Elle craignait que son patron ne la renvoie. J’ai appris des tas d’horreurs sur un fonctionnaire des services archéologiques qui rançonnait les commerçants. Venant d’un pays où, avant d’émettre quoi que ce soit d’intéressant, il faut discuter des conditions atmosphériques puis des réformes politiques en cours, ça m’a toujours étonnée que les Grecs sans préambule évoquent des sujets importants voire intimes, sur lesquels on ne leur a d’ailleurs pas demandé leur avis ! Une γιαγιά m’a ainsi déclaré que mon mari était gentil et que j’avais bien fait de l’épouser ! Dernièrement, comme j’hésitais à acheter un κουρέλι – petite carpette tissée avec des restants de tissus et vrai chef-d’oeuvre de récupération- parce que je n’aimais pas beaucoup les sequins brillants collés sur le tissu, la vendeuse avec un balayage de la main m’a dit tout de go : « T’inquiète pas, ça part au premier lavage ! » L’aurait-elle dit à une touriste parlant anglais ? Finalement, je confirme, ça part au premier lavage !
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