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Picorée dans Séféris
« Και ταξιδεύαμε ανάμεσα σ´ακρογιαλιές νησιών γυμνές σαν κόκκαλο ψαριού παράξενο στην άμμο
κι είταν ολάκερος ο ουρανός ένα μεγάλο φτερό περιστεριού μ´ένα ρυθμό σιωπής άδειος κατάσπρος
και τα δελφίνια κάτω από το χρωματιστό νερό μαυρίζανε γρήγορα σαν τα κινήματα της ψυχής. »
Et nous voyagions sur les rivages nus des îles, comme des étranges arêtes de poisson sur le sable,
et le ciel tout entier – grande aile de pigeon au rythme silencieux – était vide et tout blanc,
et dessous les dauphins brunissaient la couleur de l’eau, rapides comme les mouvements de l’âme.
Traduction: GP.
Chez Séféris, les descriptions -toujours magnifiques- ne sont jamais gratuites. Elles débouchent sur une symbolique, elles suggèrent autre chose, une idée, un sentiment. Et ce qui est symptomatique de cette poésie, ce sont les alliances inattendues, les ingérences bizarres, les détails qui paraissent incongrus. Par exemple dans cet extrait, le poisson pourri ou desséché sur la plage qui est, par ailleurs, une constante de la poésie de Séféris.
Photo: (c) tous droits réservés à GP.