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Suite de Regards sur la population grecque
Certains Grecs ont assez de courage pour braver les usages turcs. Le Khodjabachi ( le principal magistrat chrétien) de Tournavo, Monsieur Thomas donne « le bras à sa femme, ce qui est une inconvenance d’après les anciens usages orientaux. »
Depuis plus de 400 ans de Turcocratie, tant d’exactions et de méfaits en tous genres font que les Grecs sont pleins de haine envers les Turcs et ont peur d’eux, comme Spiros qui « ne peut oublier que son père a été tué par une bande d’Albanais » et comme les moines d’un monastère mis en fuite par la seule arrivée du garde albanais, le « brave » Mourias. Les Turcs sont véritablement diabolisés et continuent à l’être encore de nos jours dans la population, 200 ans plus tard.
Je me rappelle avoir réceptionné en gare de Bordeaux une amie grecque encore toute tremblante d’avoir dû effectuer le voyage depuis Lyon avec un voyageur qui l’avait abordée de façon très agréable mais qu’elle avait fui en emportant précipitamment ses bagages dans un autre wagon, prise d’une panique soudaine en apprenant qu’il était Turc. La peur irrationnelle que j’ai lue dans les yeux de mon amie ce jour-là … comme si des Français de la génération précédente avaient été contraints de voyager dans le même wagon qu’un SS.
Dans l’Eglise de Damasi, des peintures byzantines représentent la scène du jugement dernier. Léon Heuzé remarque qu’un supplice particulier attend « celle qui allaite les enfants d’une autre race. » … pour une Grecque, la pire des horreurs étant l’union avec un Musulman.
D’après le livre de Léon HEUZE « Excursion en Thessalie Turque en 1858 »
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