Regards sur la population grecque.

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Suite de Un dignitaire turc pas comme les autres

Léon Heuzé est sans doute assez impartial car il n’est pas impliqué directement dans les événements politiques du pays. D’ailleurs quand il veut s’assurer de la véracité de certains propos, il prend ses précautions et se fait raconter l’histoire par un Valaque, car il sait que les Valaques se plaignent également des Grecs et des Turcs. «  N’étant pas Grec, il me raconte très librement l’histoire de la contrée pendant la récente révolte de l’Andarsia ( mouvement de libération des Andartes, i.e. les partisans) contre les Turcs. »

Il est confronté à des populations cosmopolites qu’il prend plaisir à analyser chacune à son tour, sans état d’âme. Il n’hésite pas à l’occasion à dire du mal des Chrétiens. Par exemple, il trouve les Grecs mous et paresseux et obsédés par un délire de persécution : « (…) le papas d’Aliphaka, un petit homme à la voix nasillarde, ennemi déclaré des Turcs. Avec lui la conversation tourne tout de suite à la politique. Il résume son opinion dans une formule qu’il répète à chaque instant, comme un refrain : « il est méchant l’agha », englobant sous ce nom tous les maîtres ottomans, possesseurs de la terre. »

On peut penser que Léon Heuzé ignore complètement certaines parties de l’histoire grecque, qu’il voit les événements récents de très loin, que pour lui les Grecs du XIX° siècle ne sont que de lointains parents dégénérés des Hellènes de l’Antiquité et sans doute ne prend-il pas en compte les souffrances du peuple grec. Peut-être lui faudrait-il essayer de comprendre pourquoi les Grecs se méfient pour le moins des Turcs ? Pourquoi font-ils semblant d’être pauvres et ne donnent aucun lustre extérieur à leurs maisons ? Pourquoi leur principal souci est-il de ne pas exciter la convoitise des Turcs ? Pourquoi veulent-ils seulement avoir la paix et rien que la paix ?

d’après le livre de Léon HEUZE « Excursion en Thessalie Turque en 1858 »

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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