Un peu d’histoire …

Suite de Itinéraire d’un voyageur en Grèce

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La première idée, qui vienne à l’esprit en lisant ces souvenirs de voyage, est que notre jeune Normalien présente une certaine indépendance d’esprit. Il faut rappeler qu’en 1858, la Thessalie est turque. D’ailleurs lorsque Heuzé quitte cette région, il parle de « rentrer en Grèce le plus rapidement possible ». 1858, c’est 37 ans après ce qu’on a l’habitude d’appeler la révolution grecque de 1821. Cette date est en fait le début de l’insurrection contre l’occupation ottomane . Et si, après la bataille de Navarin, la Turquie se voit obligée de reconnaître l’indépendance de la Grèce par le traité d’Andrinople en 1829, ce n’est qu’une toute petite partie de la Grèce actuelle qui est concernée par l’évacuation des troupes turques. La Thessalie et le canton d’Arta en Epire ne reviendront à la Grèce qu’en 1881.

Nous sommes donc à la frontière de deux mondes et même de plusieurs nations, à la frange de la Grèce et c’est un étranger à ces populations, un Français éduqué et instruit dans le classicisme qui observe les coutumes, les visages et les coeurs :

«  J’en profiterai pour visiter cette importante province de la Grèce du Nord, en prêtant une attention particulière à l’état du pays et aux populations modernes, si diverses de race, qui l’occupent . »

Qu’entend-il par race ? En fait, il s’agit de divers groupes ethniques formant des nations ou bien constituant des ensembles qui peuvent être infranationaux ou supranationaux. Nous sommes dans les Balkans, non loin de la Macédoine où vivent des populations fragmentées. C’est dire que presque tous les cas de figure sont possibles. A la fin du XIX° siècle, après 400 ans de Turcocratie dans cette région, même si le fonds de la population parle le grec, Turcs, Grecs, Albanais, Bulgares, Roumains, Juifs, Tziganes et Valaques se côtoient.

d’après le livre de Léon HEUZE « Excursion en Thessalie Turque en 1858 »

Photo:(c) tous droits réservés à GP.

 

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