Itinéraire d’un voyageur en Grèce

Suite de  Quand un Normalien sort de ses livres

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Arrivé au Pirée, Heuzé traverse en bateau jusqu’au golfe de Corinthe. Notez qu’il parle d’isthme et non du canal dont les travaux débuteront seulement en 1860. De même, il passe tout près de Corinthe avant les grandes destructions du tremblement de terre de 1859. Sa route est alors un incertaine…. Peut-être passe-t-il par Thèbes, mais dans ce cas pourquoi n’en parle-t-il pas ? Il est plus vraisemblable que, de Mégare, il ait suivi les sentiers de la côte pour arriver jusqu’à l’actuelle Livadia. Evidemment les tracés ont bien changé depuis la fin du XIX° siècle, mais l’on sait à coup sûr qu’il passe à droite du Parnasse et prend la route de Lamia, après avoir fait un coude pour visiter les Thermopyles.

De Lamia, il part vers le nord pour Phourka, la frontière gréco-turque. Cependant des difficultés administratives l’empêchent de passer en Turquie. C’est ainsi que le chapitre II s’intitule avec humour :  « Comment on n’entre pas en Turquie ». Heuzé et son compagnon retournent donc vers Lamia et ils décident de contourner vers la droite et d’aller plutôt en direction de Volos où ils pourront tenter de franchir à nouveau la frontière. Ils arrivent sans encombre à Larissa, le chef-lieu de la Thessalie turque. Puis après s’être séparé de son compagnon, Heuzé se dirige vers le nord, vers Tirnavos (qu’il appelle Tournavo) et Damasi. Toujours dans la même direction il arrive à Doméniko. En regardant la carte, on voit bien qu’Heuzé tourne en rond dans un périmètre somme toute assez réduit. Il reste de longues semaines à excursionner dans les villages, suivant son expression. C’est ainsi qu’il revient sur ses pas et visite Koutsochiro (l’actuel Koutsochéro). Retour vers Larissa pour un deuxième séjour dans cette ville. Son périple l’emmène alors vers le sud à Vlokos et Palamas, puis Mataranga. Pour plus de commodité, on peut se reporter à la route actuelle, mais on n’a aucun moyen de savoir le tracé exact de son itinéraire et Heuzé a dû bien souvent passer par la montagne. Alors il reprend vers le nord, en passant par Karditsa, jusqu’à Trikala. C’est là qu’on le laissera car si, curieux de tout et de tous, il livre ses impressions sur toutes les populations qu’il rencontre : Juifs, Tsiganes, Valaques, on se limitera ici au regard qu’il porte sur les Turcs. D’autant plus que, si le voyage d’Heuzé se poursuit vers Kalambaka, le Pinde, les Météores, Kastraki et Metsovo, le récit s’arrête un peu abruptement, avec les relevés des documents effectués dans les différents couvents qu’il visite. On ne connaît pas la fin du voyage :

«  Puis ce sera l’Epire, où je ne compte plus voyager à petites journées, mais avec des chevaux de poste (…) »

d’après le livre de Léon HEUZE « Excursion en Thessalie Turque en 1858 »

Photo: Les Météores. (c) tous droits réservés à GP.

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