Un chroniqueur au Levant.

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Rien ne prédestinait le Maréchal de Champagne Geoffroy de Villehardouin à mourir en Thrace sans avoir revu la France. Parti vers le Levant après avoir organisé activement la 4° croisade, il aida son neveu à coloniser le Péloponnèse et se lança dans le récit héroïsé et hagiographique de l’impérialisme franc au XIII° siècle sur la route des lieux saints. Il en parle en tacticien et se place du côté de la raison et de la bonne fortune, car les plus forts et les plus organisés seraient nécessairement les Francs issus de nations civilisées…. C’est vrai que les Grecs essaient en vain de faire leur jonction et que, très bientôt pris en tenaille, ils fuient « honteusement » au lieu de se faire tuer sur place, comme tous vrais guerriers vaincus qui n’ont d’autre choix que de mourir dignement ou indignement. Or les Grecs ont choisi de vivre … Cela en fait nécessairement des couards et des Barbares alors qu’au contraire les Francs sont courageux, industrieux et surtout capables de raisonnement ! Le problème est qu’ils montrent un peu imprudemment leur force, leur richesse et leur tranquillité, et que s’ils ont gagné une bataille ils n’ont pas encore gagné la guerre. D’autant qu’ils doivent impérativement s’emparer de Constantinople pour payer, au prix d’un massacre, « la location » des bateaux vénitiens. Pour l’heure les Grecs sont inhibés et sans réaction, mais la domination franque ne durera en Grèce pas au-delà du XV° siècle. Il suffisait d’attendre !

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