Spinalonga

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Au large de la station balnéaire d’Aghios Nikolaos, cette longue épine que les Crétois auront toujours dans le coeur… passa des Vénitiens aux Turcs puis fut l’île de relégation de plusieurs centaines de lépreux jusqu’à la fin des années 50. Il y avait là des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions et même des enfants qu’on avait arrachés à leur famille, qui allaient à l’école et qui savaient pertinemment qu’ils n’en sortiraient pas vivants ! Dans le bateau depuis Elounda, on ne s’imagine pas accoster dans une prison car les solides et épaisses murailles vénitiennes font partie du paysage crétois, ici comme ailleurs. Mais plus on avance dans le village/lazaret, plus le délabrement des maisons, de l’hôpital et de l’église transpire une véritable tristesse et submerge le promeneur de chagrin. Les barreaux aux fenêtres pour prévenir les suicides, les vestiges du marché pour continuer à assumer la vie quotidienne malgré la maladie, la treille devant la maison pour reconstituer celle qu’on a quittée de force….. Peu à peu, on ressent sur les épaules l’accablement, chacun presse le pas en silence vers le rivage jusqu’au dernier sursaut de révolte en voyant de grandes plaques de bétons qui vont jusqu’à la mer et qui sont autant de fosses communes.

Photo: Spinalonga, rue principale.(c) tous droits réservés à GP.

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