Suite de Les héroïnes peuvent-elles vieillir ?
Dans le poème de Yannis Ritsos, Ismini de l’autre côté du miroir considère les événements passés et raconte sa soeur. Elle déconstruit sa légende et la démolit : Antigone la déterminée apparaît comme la peureuse, la frigide, la suicidaire. L’orgueilleuse … était une vaniteuse, une complexée. L’arrogante … une puritaine rigide et névrosée. La révoltée contre l’ordre établi, la révolutionnaire … la tête brûlée de service ! Désir de revanche, jalousie, rétablissement de la vérité ? Un peu … beaucoup des trois sans doute, mais le récit de la vieille femme, ses souvenirs revisités mêlant positif et négatif introduisent le trouble. Ismini n’apparaît plus en creux comme le faire-valoir de sa soeur, mais comme une jeune-fille brimée dont on a volé la vie…. Dans un mouvement inverse, l’effrayée se révèle impertinente, la discrète gonfle son ego et la velléitaire, désormais seule gardienne de la mémoire, écrase Antigone et jusqu’à son souvenir.
« Ω, η αδελφή μου ρύθμιζε τα πάντα μ’ ένα πρέπει ή δεν πρέπει (…). Πολύ τη λυπόμουν. Παρά λίγο να βλάψει και μένα. Αν την δοξάσανε τόσο ήταν γιατί τους γλίτωσε απ’ το να πράξουν το ίδιο. Στο πρόσωπό της τιμήσαν τη δική τους αντίθεση νεκρή· — αυτοσυχωρέθηκαν, αθωώθηκαν και ησύχασαν. Αν είχε ζήσει, ω, σίγουρα, θα την είχαν μισήσει. Μοναδική της σκέψη ήταν ο θάνατος ».
« Ma sœur réglait tout d’un « il faut » ou « il ne faut pas » (…). Elle me faisait beaucoup de peine. Elle a failli me faire du mal à moi-aussi. S’ils l’ont tant célébrée, c’était parce qu’elle leur a évité de faire la même chose. Sur son visage ils honoraient leur propre résistance morte -ils se sont pardonnés eux-mêmes, ils se sont innocentés et ils se sont tranquillisés. Si elle avait vécu -à coup sûr- ils l’auraient haïe. La seule idée qu’elle avait en tête, c’était la mort ». ακολουθεί
Photo:(c) tous droits réservés à GP. Traduction: GP