Suite de Dans la famille des Labdacides, je demande Ismini !
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C’est le pari que fait Yannis Ritsos dans un long poème, intitulé Ismini. Son héroïne occupe pour une fois le devant de la scène, sa soeur Antigone n’est plus qu’un souvenir parmi d’autres, parmi les événements tragiques vécus quand elle était jeune-fille et dont elle ne s’est jamais vraiment remise… Elle vit à Thèbes dans le palais, désormais vieux et délabré, hors du temps, hors de la vraie vie, seule dans le désordre de ses pensées. Dans la théâtralité d’un pseudo-dialogue avec le fils du jardinier, jeune-homme bien élevé que la distance sociale rend docile et qui lui interdit de répondre ou de prendre parti, Ismène monologue, interroge le passé, répond sur le ton de la confidence ou laisse en suspens… Ruines du palais, ruines du passé, ruine de l’avenir, la maison et Ismini s’écroulent peu à peu…jusqu’au malaise ressenti sans doute par ce jeune-homme. Il est touchant avec son pot de basilic dans les bras, il écoute dans ce temps suspendu les souvenirs d’Ismini qui se délitent, se télescopent … et le plus triste, c’est qu’il n’en a rien à faire …
« Εδώ πέρα ο χρόνος είναι αργός· τίποτα πια δεν έρχεται ή δεν φεύγει, εκτός απ’ τη συνηθισμένη αυτή φθορά στο ξύλο των επίπλων, στα καδρόνια της στέγης, στα πατώματα, στις σκάλες, στους σοβάδες, στα σκεύη, στις κουρτίνες, στους ρεζέδες — αργή φθορά, μια σιωπηλή σκουριά, προπάντων στα χέρια και στα πρόσωπα. »
« Par ici le temps passe lentement; plus rien n’arrive ni ne s’en va, à part cette habituelle détérioration du bois des meubles, des poutres du toit, des planchers, des escaliers, des crépis, des rideaux, des gonds – ruine lente, une rouille silencieuse, surtout sur les mains et les visages. » ακολουθεί
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