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Motif latéral d’un pavement en mosaïque d’époque romaine, bordé d’épis, de tresses polychromes et de carrés concentriques encadrant de façon régulière une représentation masculine, traitée comme un portrait dans un carré d’environ 60cm de côté. Le haut de la tête du personnage, que sa volumineuse couronne de fleurs et de feuilles de vigne désigne comme Dionysos, dépasse légèrement de son cadre. Des arrachements nous dissimulent certains détails. On distingue l’habit court, dont les plis sont rendus par des tesselles bicolores, attaché sur l’épaule droite par une fibule. Le cou du dieu large et puissant, le visage aux joues bien pleines, les épaules donnent une impression de vigueur et de jeunesse. Ce qui s’impose d’emblée, ce sont les deux yeux immenses, aux pupilles un peu trop hautes, soulignés par l’arc très étiré des sourcils et les lèvres légèrement décentrés dans un demi-sourire embarrassé. Habitués que nous sommes à des dieux triomphants, ce timide Dionysos a contre-emploi, descendu de son piédestal, l’air enfantin et presque naïf nous paraît touchant. L’artiste n’a pas eu la volonté de plaire, de faire une représentation exemplaire. On est loin de l’idéal grec avec le nez volumineux, les yeux légèrement globuleux, le regard caressant et une bonne bouille bien rose …. Alors ce Dionysos de Conimbriga …. godiche ? ou pompette ?
Photo : Conimbriga, Portugal. (c) tous droits réservés à GP.