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Délos, fragment de plaque trapézoïdale en marbre blanc, environ 40 cm/60 cm.
Ce morceau de stèle, dont le côté gauche a subi un arrachement, est encadré d’une moulure sur deux côtés et à droite par la figuration d’un pilastre. La figure est complexe en raison de la forme trapézoïdale du cadre et de la représentation de quatre éléments (mer, bateau, voile et femme) dont les lignes s’opposent. La partie inférieure du fragment, plate et granuleuse, représente de toute évidence la mer puisqu’au-dessus un bateau élève légèrement sa proue en volute et courbe élégantes. Une figure féminine en bas-relief chevauche le bateau et utilise son manteau ou un grand morceau de tissu comme voile entre ses mains. La retombée du manteau dans la main gauche -plus basse que la droite- n’est pas très logique pour une allure au portant…. Cette femme droite, forte, un pied bien campé sur le plat-bord du bateau et l’autre dans un équilibre précaire, donne cependant une impression de stabilité. Son corps n’est ni rectiligne, ni linéaire avec les épaules de profil, le corps de trois-quart-face, des formes pleines -serait-elle enceinte ?- et le renflement de ses cuisses que l’on devine aisément sous le vêtement fin et délicatement plissé. Bien que le visage ait subi un arrachement, la plénitude de son corps, son attitude générale et la position de ses mains indiquent qu’elle est sereine et qu’elle dirige le bateau en toute sécurité, telle Pélagia la déesse de la haute mer, comme on tiendrait les rênes d’un attelage….Le vent arrière gonfle la voile, véritable spinnaker antique, avec la douceur du zéphir plutôt qu’avec la violence du meltem !
Photo:(c) tous droits réservés à GP.