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Gournia, de bon matin et entre deux saisons, c’est la tranquillité ! Je discute avec la dame qui vend les billets d’entrée, elle a presque l’air gênée de me demander des sous .. . et me propose un café que j’accepte volontiers. Le site entre rose et brun s’étend sur la gauche, à droite c’est la montagne et en face, au loin, la mer. Des pierres, du minéral. On peine à distinguer l’entrée au milieu des roches et des cailloux. Ici, rien de grandiose, pas d’escalier monumental, pas d’esplanade gigantesque, nous ne sommes pas dans un somptueux palais crétois, nous sommes dans une petite ville. Et ce que nous découvrons, ce n’est pas le luxe, l’exceptionnel, c’est la vie de tous les jours. En Crète, on ne fait souvent que visiter les palais et notre image des populations anciennes est complètement faussée. A Gournia, on peut imaginer les ânes et les mulets emprunter le réseau de rues rudimentaires, le « périphérique » pavé qui fait le tour de la colline et les venelles transversales avec des marches et des escaliers qui tanguent quand la pente se fait trop raide. Bien sûr, il y a un petit palais et un sanctuaire, mais il y a surtout des ateliers, des rampes, des marches, des réserves, des celliers, des recoins et des petites maisons tassées les unes contre les autres. Leur rez-de-chaussée n’a pas d’entrée directe, pour y accéder il faut grimper à l’extérieur par un escalier étroit jusqu’au premier étage et redescendre comme par une trappe de cave. Pas bien pratique, mais efficace contre les razzias des pirates ! C’est dans ce site aride, modeste et où l’on jouit d’une vue superbe que l’on a retrouvé les figurines de la déesse aux serpents, les bras levés, une tiare sur la tête et déjà le fameux décolleté des femmes minoennes !
Photo: Gournia. (c) tous droits réservés à GP.