D’après vous, on pouvait porter plainte pour agression sexuelle dans l’Antiquité ?

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Les violences sexuelles faites aux femmes  ne datent pas d’aujourd’hui !  Une multitude de figurines transpercées d’aiguilles et datant de l’Antiquité sont là pour l’attester. Faites d’argile et d’éléments corporels prélevés sur la victime (ongles, cheveux), elles ne sont pas sa reproduction fidèle mais plutôt son symbole puisqu’on a retrouvé des figurines masculines dans des tombes de femmes. Les piqûres rituelles sont très codifiées. Il ne s’agit pas pour le sorcier de faire n’importe quoi ! Les diverses parties du corps représentent des situations bien établies. Un amant qui se livre à la magie peut transpercer le bras pour qu’il l’embrasse, la jambe pour qu’elle l’enlace ou le ventre pour qu’il s’offre à lui. Bien sûr, il n’est pas question d’amour dans tout cela, mais plutôt d’une grande violence puisque la finalité c’est la soumission ou la mort. Exemple d’invocation pendant la perforation de la figurine : «  Agrippe-la par les cheveux, par les entrailles, par le sexe, par l’âme jusqu’à ce qu’elle vienne chez moi et reste sans se séparer de moi ; fais-le, lie-la pour toute la durée de ma vie. Force-la à être soumise, qu’elle ne se sépare de moi à aucune heure de ma vie ».

C’est sa vie à lui qui compte, son supposé objet d’ amour, il s’en moque !

Photo: Délos. (c) tous droits réservés à GP.

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