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´ΥΔΡΑ
Δελφίνια, φλαμπούρα και κανονιές.
Το πέλαγο τόσο πικρό για την ψυχή σου κάποτε,
σήκωνε τα πολύχρωμα κι αστραφτερά καράβια
λύγιζε, τα κλυδώνιζε κι όλο μαβί μ´άσπρα φτερά,
τόσο πικρό για την ψυχή σου κάποτε
τώρα γεμάτο χρώματα στον ήλιο.
Questions à se poser :
1) Pourquoi n’y a-t-il pas de verbe dans le premier vers ? Quelle est la fonction des substantifs (noms)?
2) Quel est le cas du mot το πέλαγο ?
3) Pourquoi a-t-on deux verbes σήκωνε et λύγιζε dans un même membre de phrase ?
4) A quels temps sont les verbes ? Comment en suis-je sûr ?
Réponses aux questions :
1) Ces mots évocateurs sont lancés à la face du lecteur, comme une sorte de carte d’identité d’Hydra, le rappel de la vue familière que l’on a depuis l’île (δελφίνια) et celui des événements historiques du XIX° siècle, quand les habitants d’Hydra armaient des bâtiments et luttaient pour l’indépendance de la Grèce ( φλαμπούρα και κανονιές). Peu importe que ces mots soient au nominatif ( on pourrait sous-entendre le verbe être) ou à l’accusatif (on sous-entendrait alors les verbes entendre ou voir). Grammaticalement rien ne nous permet de trancher cette question car les neutres et le mot féminin ont la même forme à ces deux cas.
2) Théoriquement la forme au nominatif est το πέλαγος, issue d’une ancienne déclinaison de neutres en -ος avec un génitif en -ους et un pluriel en -η. Donc la forme το πέλαγο n’existe pas ! Or, la voilà dans le texte… C’est que la déclinaison en-ος a rejoint la déclinaison neutre en -ο, plus simple d’utilisation et plus représentée … C’est souvent le cas en grec moderne, des formes trop compliquées – ou dont on ne comprend plus vraiment la provenance- n’ont de cesse que de réintégrer des déclinaisons plus familières et surtout plus simples morphologiquement !
3) Τα πολύχρωμα κι αστραφτερά καράβια est obligatoirement le complément de σήκωνε et également de λύγιζε. Séféris a fait l’économie d’un και et également du pronom de rappel τα. En français, on est obligé de restituer au moins le pronom. Et d’ailleurs on trouve le pronom τα dans le membre de phrase suivant…
4) Les verbes σήκωνε, λύγιζε et κλυδώνιζε sont tous curieusement« massés » au milieu du poème, comme si les noms et les adjectifs se suffisaient à eux-mêmes dans le restant des vers.
On est sûr qu’ils sont tous à l’imparfait, car leur radical a la consonne du présent : -ν pour σήκωνε, -ζ pour λύγιζε et κλυδώνιζε, au lieu d’avoir le -ς de σήκωσα, λύγισα, κλυδώνισα.
Traduction GP.
« Dauphins, étendards et canonnades.
La mer si amère quelquefois à ton âme
soulevait les bateaux colorés et brillants
elle les berçait, elle les agitait, toute mauve avec des ailes blanches,
si amère quelquefois à ton âme
maintenant pleine de couleurs dans le soleil ».
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