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L’infinitif, c’est bien pratique … car c’est une forme verbale réduite et surtout invariable. On l’a beaucoup substantivé en français : le coucher, le savoir, le devenir. Le grec a également beaucoup substantivé – sans doute trop- car en grec ancien on peut dire : le lire, l’aimer, le conduire, le faire…. (avec des verbes dont on n’a pas l’habitude en français). Les infinitifs ont été victimes de leur succès et, au fil des siècles, ou ils ont disparu ou ils sont passés dans la catégorie des noms. C’est ainsi que τὸ φαγεῖν, le fait de manger est devenu το φαί, le repas.
Je me rappelle avoir lu dans le train qui reliait Athènes au Pirée, non pas gravée dans le marbre mais sur une plaque de tôle, l’inscription : Απαγορεύεται το φτύνειν, interdit de cracher…. mais c’était il y a longtemps… et l’emploi de l’infinitif était déjà totalement obsolète.
L’absence d’infinitif en grec moderne est préjudiciable et complique tout. On ne peut pas dire: « Je veux aller cueillir des citrons ». Il faut dire : « Je veux que j’aille et que je cueille des citrons ». On est obligé d’employer une coordination -et qui plus est- des subjonctifs….
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