Naissance d’une vocation

Raid sur Délos v (suite et fin)

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Mercredi 29 avril (suite)

De retour à Mykonos, un repas pris en commun dans la taverne de la placette « Chez Nikos » permet à Sophie de donner des conseils directement issus de son expérience, c’est du vécu ! Propos sérieux et séances de rire alternent tout naturellement. L’étudiant, qui a la cagnotte et qui doit inviter Sophie pour la remercier de sa gentillesse, se demande tout à coup avec angoisse s’il y a assez d’argent dans le porte-monnaie…. Mais Sophie a conscience qu’elle va demeurer le référent Délos pour beaucoup d’entre eux et elle insiste encore une fois, comme elle l’a fait à plusieurs reprises, sur la nécessité d’étudier la langue pour avoir accès directement aux textes, ce qui permet de vérifier, de comparer, d’avoir une véritable démarche scientifique. Elle amène ainsi tout doucement les étudiants à penser que la démarche essentiellement littéraire dans laquelle ils sont actuellement peut trouver à plus long terme une autre justification et un autre objectif dans la recherche archéologique. Ce stage de trois jours sur site restera un souvenir inoubliable. Tout a concouru à son succès : l’accueil des archéologues, leur confiance envers les jeunes, le sentiment de vivre ce qu’on ne vit pas deux fois dans sa vie, le passage dans l’envers du décor, le site quasi vide de touristes et dans le calme du travail quotidien, le transport de l’appareil-photo et du fameux trépied qui va devenir un calvaire quand il pleuviote, le crapahutage dans les pierrailles et jusqu’aux épines dans les mollets. En général le parcours du touriste est complètement aseptisé, il est comme un spectateur bien assis dans un fauteuil d’une salle de théâtre. Les étudiants ont eu l’expérience grisante d’être des acteurs, une initiation très constructive aux métiers de l’archéologie, tout en permettant d’ordonner et de replacer dans leurs contextes une foule d’informations souvent disparates glanées au gré des lectures et des traductions littéraires. Au-delà de ces bénéfices en terme d’études, des liens particuliers ont été tissés avec deux archéologues et par leur intermédiaire avec l’Ecole Française d’Athènes. Qu’est-ce que notre groupe leur a apporté ? C’est difficile à savoir exactement… peut-être tout simplement une bonne dose de fou-rire mais nous, nous mesurons parfaitement ce que, au point de vue scientifique et humain, nous avons retiré de cette expérience unique.

Dernière nouvelle : une future archéologue est née parmi les étudiants !

Photo: Délos, maison de Fourni. (c) tous droits réservés à GP.

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