Etre archéologue n’est pas de tout repos!

Raid sur Délos IV (suite)

Temps de lecture: 4 minutes

Mercredi 29 avril :

Mykonos, 10h. Nous reprenons le bateau et l’archéologue nous amène directement au quartier du théâtre. Maison par maison, mosaïque après mosaïque, nous progressons sous le soleil. Sans se soucier de sa fatigue et en essayant toujours de se concentrer sur son sujet, Sophie organise rationnellement la visite. Il devient pourtant de plus en plus difficile de faire abstraction des bruits extérieurs car on entend les cris de touristes expansifs….. Après avoir vu la terrasse des dieux étrangers, il nous faut redescendre sur le quai pour prendre le bateau. Mais Sophie ayant négocié avec le capitaine de la Margarita un retour plus tardif, nous repartons pour la visite de la maison de Fourni où elle travaille. Nous voilà marchant en sens opposé et nous comprenons tout de suite pourquoi notre archéologue a demandé « aux autorités » un âne, qu’elle n’a d’ailleurs jamais obtenu. Je l’imagine crapahuter comme nous le faisons en portant pelle, pioche et gros cabas de plastique pour y mettre petits gravas ou … fragments intéressants. Et encore, nous sommes au printemps… Je ne sais pas ce qui doit être pire : canicule et manque d’ombre l’été ou bien pluie et vent en début d’automne. Nous progressons environ pendant 20 minutes et c’est une découverte pour beaucoup d’entre nous : être archéologue, c’est aussi parcourir des kilomètres sous le soleil dans les chardons, à travers l’herbe assez haute en cette saison, tout en portant des sacs de sable, c’est enjamber des grosses pierres et arriver dans un endroit isolé avec pour toute compagnie des moutons et le souvenir pénible de femmes suppliciées à une date inconnue dans un trou. Bref, tout n’est pas rose !

C’est au faîte de « sa maison » que Sophie nous parle encore et encore, à nous qui sommes assis sur des sacs de sable à même la mosaïque, admiratifs de tant de science associée à tant de gentillesse. En rentrant, nous faisons un détour par la terrasse des dieux étrangers où un chemin nous permet de monter au Cynthe. Ce que nous faisons     sous le soleil, à la queue-leu-leu, dans les pierrailles et les piquants des plantes xérophiles. Nous avons les pieds en compote et les mollets dans les talons. C’est peut-être une aberration du point de vue anatomique, mais c’est pourtant exactement ce que nous ressentons. Au sommet, un souhait émis par tous les étudiants -y revenir un jour avec leurs élèves- montre que la boucle est bouclée et que la passion des archéologues est bien passée chez les étudiants. Cette fois-ci, c’est au pas de course que nous descendons vers le quai, car nous sommes presque en retard…

Photo: Délos, maison de Fourni. (c) tous droits réservés à GP.

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