Creuser, c’est souvent reboucher !

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La conservation des oeuvres de l’art pariétal a ses propres contraintes. Quand on dégage des murs décorés de fresques, comme cela a été le cas au site d’Akrotiri sur l’île de Santorin, il y a deux solutions :

-Soit on peut dans les heures qui suivent enduire les murs d’une sorte de colle, qui fixe les couleurs et forme une couche protectrice. Dans ce cas-là, on continue à dégager précautionneusement les parois. La fresque ou le fragment de fresque est nettoyé, une solution collante appliquée au pinceau, puis il faut laisser sécher. Plus tard, on pourra décoller très soigneusement de son support la fresque, qui a adhéré à une sorte de gaze très fine, et l’envoyer dans un laboratoire d’archéologie pour la traiter. C’est un travail de patience qui s’apparente plutôt à de la chirurgie esthétique…  et c’est l’ultime étape avant d’exposer la fresque dans un musée. Mais actuellement, on préfère la replacer dans son environnement d’origine, de la remettre in situ. Essentiellement pour deux raisons : les musées régionaux et les sites excentrés en voient leur fréquentation accrue. Et l’oeuvre d’art est toujours plus lisible, lorsqu’elle est mise en valeur dans le lieu pour laquelle elle a été conçue.

-Soit on n’a ni le temps ni les moyens matériels de traiter la fresque dans le délai imparti. A ce moment-là, on prend des mesures, on photographie et on rebouche aussitôt ce qu’on avait excavé sous une épaisse couche de terre, afin de protéger les fresques de toutes agressions extérieures. Plus tard, on re-déblayera.

Photo: Santorin, Akrotiri, marguerites bleues. (c) tous droits réservés à GP.

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