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C’est tout à l’honneur des Grecs de s’occuper des migrants qui, soit ne font que passer par leur pays, soit s’y installent pour quelques mois ou quelques années. Les Grecs ne sont pas riches et pourtant ils donnent à plus pauvres qu’eux. C’est vrai que les Grecs portent haut -et depuis toujours- les traditions d’hospitalité mais le temps est loin où certains d’entre eux ne voulaient pas reconnaître que dans leur propre pays vivaient des minorités.
Rentrée universitaire des années 90, les affiches sur les murs de la faculté des Lettres et des Langues proposent un cours intitulé : « Les minorités de la Grèce moderne ». Une jeune Grecque, étudiante en Biologie, vient me voir et me demande avec une mauvaise humeur à peine contenue ce que j’entends par minorités, car elle, qui est Grecque, n’a jamais entendu parler de ça en Grèce et elle sait bien que ça n’existe pas ! … et pour finir que je ne dois pas faire ce cours ! Je lui réponds qu’elle sait bien qu’en Grèce vivent des Pomaques, des Valaques, des Turcophones, des Tziganes … etc. Je vois bien que je ne la convainc pas, pour elle tous ces gens sont des Grecs, un point c’est tout ! Elle argumente, se met en colère, m’accuse de dieu sait quoi et pour finir quand je lui dis : « Je ne vais pas casser les pieds du prof de Biologie pour lui dire que je ne veux pas qu’il fasse un cours sur le mollusque bi-valves, alors faites comme moi, mêlez-vous de vos cours et pas des miens ! »…. elle part en claquant la porte devant les étudiants médusés.
Photo: Réthymno, Crète, maison turque. (c) tous droits réservés à GP.