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Héraklion, je me promène dans les rues du centre-ville, à quelques encablures de la mairie. Deux petits Tziganes, sans doute des Roms, garçon et fille, sans doute frère et soeur sont assis à croupetons sur le large trottoir. Le petit garçon, pas plus de 8 ans, joue de l’accordéon et assez bien ! Sa soeur, un an ou deux de plus, caresse un petit chiot tenu au bout d’une ficelle et quand la chanson est finie – c’est « Les enfants du Pirée » – tend une sébile aux passants. Le titre de la chanson me fait sourire, ce petit garçon est un modèle d’intégration ou tout simplement de débrouillardise, je lui donne un euro. Cette chanson est une très bonne idée, elle est connue des Grecs et encore plus des touristes ! Soudain, une voiture de police emprunte la rue piétonne, en un éclair les deux gamins se dispersent, la fille et le chien d’un côté, le garçon et l’accordéon de l’autre. Les policiers les ont vus et se dirigent sur eux. Je suis prête à intervenir : « Ah, non ! ça ne va pas commencer, il faut bien qu’ils mangent et en plus…. » mais je n’ai pas besoin d’argumenter, le policier fait comme s’il n’avait rien vu…. Tout va bien, je tourne au coin de la rue et je retrouve la petite fille, le chien et le restant de la famille sur le parvis de l’église. Elle me demande de l’argent comme si elle ne me reconnaissait pas. Je trouve qu’elle est « gonflée » ! et je lui dis : « Ah, non ! ça ne va pas commencer …. »
Photo: mairie d’Héraklion. (c) tous droits réservés à GP.