… Iotacisme
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Le grec moderne a vu au cours des siècles des voyelles et des diphtongues changer d’articulation et passer au son (i ), sans qu’il y ait de différence notable de prononciation entre elles. C’est le cas de : η υ ει οι , sans parler du iota qui s’est toujours prononcé (i). C’est bien joli de dire que la prononciation a varié, mais sur quelle base ? Et comment le savoir ?
Donc avant tout, le iotacisme pose le problème de la prononciation du grec ancien. Comment les gens de l’Antiquité prononçaient-ils leur langue ? C’est assez difficile à déterminer car personne n’a jamais registré Platon ou Pisistrate. Nous en sommes réduits à des supputations en prenant comme base ce qu’est actuellement la prononciation du grec moderne, ce qui supposerait une certaine pérennité dans l’articulation de la langue. On ne peut sur cette seule base restituer l’articulation d’une langue ancienne, seules des observations croisées permettent sans doute de s’approcher de la vérité. C’est pourquoi on étudie également la retranscription des toponymes et de l’onomastique dans des langues étrangères de l’époque et même quelquefois dans un alphabet étranger. Car on ne traduit pas forcément les noms de ville, on les retranscrit souvent par approximation phonétique, i.e. comme on les entend. Il en est de même pour les noms de personne qui varient le moins possible de langue à langue. Une troisième possibilité, toutefois réduite car on ne disserte pas souvent sur eux (et c’est bien dommage car nous aurions une foule d’indications précieuses….), ce sont les cris des animaux qui ne sont pas susceptibles de varier au cours des siècles. Pour finir, nous avons les traités de quelques grammairiens qui, dès l’Antiquité, ont étudié la prononciation de l’époque et en donnent des indications souvent précises.
On sait donc que même dans l’Antiquité la prononciation a varié peu ou prou, selon les époques, les zones géographiques et que déjà certaine(s) voyelle(s) étai(en)t passée(s) au son (i).
Photo: artichauts dans les champs d’Avlona à Karpathos. (c) tous droits réservés à GP