Euthyntéria ? qu’es aquo ?

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L’euthyntéria ( nom masculin même si cela ne se voit pas) est la partie supérieure de la krépis, i.e. «la  semelle », qui est l’équivalent en pierre de notre chape de béton, condition préalable à toute construction moderne…

L’assise de réglage, destinée à bâtir le temple sur une surface parfaitement plane, est d’autant plus difficile à réaliser que le sol grec est caillouteux, souvent inégal avec des différences de niveaux importantes. Le cas de figure, c’est l’Erechthéion qui a été bâti sur 3 hauteurs de sol différentes, ce qui a nécessité beaucoup d’ingéniosité pour compenser les dénivelés.

Dans le cas d’une construction importante – par exemple le temple d’Aphaïa Pronoïa à Egine- la krépis est composée de trois degrés destinés à rehausser l’édifice, surmontés de l’euthyntéria qui offre une surface parfaitement horizontale sur laquelle on monte les murs et les doubles colonnades.

Attention, degré ne veut pas dire marche ! Quand on est devant le Parthénon, on se rend compte qu’on monte assez difficilement ce qui semble de loin être des marches, car chaque degré fait environ 55 cms de hauteur. Et il faut y rajouter le quatrième degré, qui est l’euthyntéria, ce qui porte la hauteur du sol du temple à plus de 2,20 m. D’ailleurs pour faciliter l’accès aux temples, une rampe ou un escalier étroit (hauteur normale de marche = environ 25/27cms) est généralement construit au milieu, comme un petit chemin. C’est ce qu’on voit aussi dans les théâtres antiques et aujourd’hui dans les stades de football.

Outre l’aspect technique de la construction, on voit bien quel parti les architectes de l’Antiquité ont pu tirer de cette krépis à plusieurs degrés. Plus le temple est élevé, plus il est imposant, plus les fidèles sont sidérés et admiratifs devant la puissance des dieux et … de la cité qui l’a construit : Athènes !

photo: le Parthénon avant les échafaudages ! (c) tous droits réservés à GP.

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