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Dimanche 16 avril 2017, 9h à Apéri, île de Karpathos. Jour de Pâques : Η Λαμβρή.
Les cloches sonnent à toute volée, les fidèles commencent à arriver, je rentre à l’intérieur de l’église et aussitôt un homme me dit que j’ai 5 minutes pour visiter l’église avant le culte : une façon très élégante de me dire de m’en aller. Pourtant, je n’ai rien d’une touriste : pas de chapeau, ni de sac à dos, ni d’appareil photo en bandoulière, ni de baskets, ni de K-way, ni de tablette, ni de perche à selfie…. et je porte une petite jupe noire … Il joue le jeu jusqu’au bout, m’escorte avec amabilité, me décrit l’église, toujours les mêmes salades : la très belle icône vient d’un monastère plus haut, les peintures sont très belles et dorées à la feuille d’or… etc. Au coin d’une rue une dame âgée m’interpelle, elle me pose quelques questions puis me parle de ses enfants, ce qu’ils font, où ils habitent. Le pope vient à passer et lui lance en plaisantant « Alors comme ça, vous parlez encore anglais ? ». Je réponds « Nous parlons grec ! ». Tandis qu’il s’éloigne, je questionne : « Vous parlez anglais ? – Bien sûr je suis Américaine ! -Ah bon ? Comment cela ? – J’ai mon passeport américain, mon père a émigré en Caroline, je vis au New Jersey, je reviens passer tout l’hiver à Apéri et maintenant mes enfants sont revenus vivre à Karpathos ». Au bout d’un moment, je connais tout de sa vie et, elle, presque tout de la mienne ! L’invitation suit : « Venez ce soir à la maison, nous mangerons des sardines… ». Il est quelquefois plus facile de s’asseoir dans une maison que dans une église ! (συνέχεια / à suivre)
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