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Vendredi 14 avril 2017, 21h30 à Pighadia dans l’île de Karpathos. Rues barrées par des fils de plastique rouge et blanc, cela permet de savoir où la procession va passer. On entend des chants, une sono, on voit des lumières, la tête de la procession passe devant nous, il ne nous reste plus qu’à nous infiltrer au milieu de la foule. L’épitaphios est bien gardé par 5 soldats en armes. C’est la première fois que je vois ça, sans doute un effet pervers des attentats dans le monde… Un homme traîne ce que je prends pour une valise et qui est en fait une sono portative, les gens se pressent dans le noir. Les cierges ne s’allument pas malgré la bonne volonté d’un petit garçon qui tente d’allumer mon cierge au sien plusieurs fois de suite, trop de vent ! La foule est nombreuse, à chaque maison des gens la rejoignent, devant les portes des femmes encensent les passants, pendant qu’aux étages supérieurs d’autres lancent à profusion sur la procession des pétales de rose et de l’eau parfumée à la fleur d’oranger. Je suis copieusement aspergée, mes lunettes grasses de gouttes d’eau, d’huile, de parfum ? Peut-être tout cela mélangé ? Nous descendons des marches, en grimpons une foule d’autres pour accéder aux différentes églises de la petite ville. Certains coupent à travers les ruelles, prennent des raccourcis et nous rejoignent plus loin. L’atmosphère n’est pas triste, chacun parle aux voisins et embrasse ses amis. Des petites filles en aube blanche ornée de parements violets courent un peu partout. Puis la procession arrive en haut de la ville et stationne devant l’église, des chants résonnent à l’intérieur, des popes en habit de cérémonie s’activent, et avant d’entrer dans l’église les fidèles passent sous l’épitaphios, que l’on maintient surélevé sur les balustres de l’escalier. (συνέχεια / à suivre)
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