Question : pourquoi quelquefois les mots sont-ils déformés ?

Réponse : les mots ne sont pas « déformés », mais ce sont des formes plus anciennes de la langue.

Dans le poème de Cavafy « la ville », je cherche les mots qui actuellement ont changé de forme.

Η πόλις

Είπες «  Θα πάγω σ΄άλλη γη, θα πάγω σ΄άλλη θάλασσα.

Μιά πόλις άλλη θα βρεθεί καλλίτερη από αυτή.

Κάθε προσπάθεια μου μιά καταδίκη είναι γραφτή.

K΄είν΄η καρδιά μου -σαν νεκρός -θαμένη.

Ο νους μου ως πότε μες στον μαρασμόν αυτόν θα μένει.

Όπου το μάτι μου γυρίσω, όπου κι αν δω

ερείπια μαύρα της ζωής μου βλέπω εδώ,

πού τόσα χρόνια πέρασα και ρήμαξα και χάλασα »

 

Καινούριους τόπους δεν θα βρεις, δεν θάβρεις άλλες θάλασσες.

Η πόλις θα σε ακολουθεί. Στους δρόμους θα γυρνάς

τους ίδιους. Και στες γειτονιές τες ίδιες θα γυρνάς.

Kαι μες στα ίδια σπίτια αυτά θ΄ασπρίζεις.

Πάντα στη πόλι αυτή θα φθάνεις. Για τα αλλού -μη ελπίζεις-

δεν έχει πλοίο για σε, δεν έχει οδό.

Έτσι που τη ζωή σου ρήμαξες εδώ

στη κωχή τούτη την μικρή, σ΄όλην την γην την χάλασες.

 

Formes anciennes :

η πόλις =   η πόλη

πόλι       =   πόλη               l’ancienne déclinaison en -ις a intégré la déclinaison féminine en – η

πάγω     =   πάω               les articulations proches du α et du ω ont contribué à la disparition du γ intervocalique

τες =    τις                          les accusatifs féminins pluriels en -ις ont gagné sur les formes en-ες

την =   τη                           le -ν des accusatifs féminins (et masculins) singuliers tombe la plupart du temps, sauf devant voyelle

κώχη = κόχη

 

Tu as dit : « J’irai sur une autre terre, j’irai sur une autre mer.

Je trouverai une autre ville, meilleure que celle-ci.

Pour chacun de mes efforts, il y a une condamnation écrite

et mon coeur -comme un cadavre- est enterré.

Jusqu’à quand mon esprit restera dans ce marasme ?

Où que je tourne mes yeux, où que je regarde

je vois les ruines noires de ma vie, ici

où j’ai passé tant d’années, où j’ai démoli, où j’ai perdu.

 

Tu ne trouveras pas de nouveaux lieux, tu ne trouveras pas d’autres mers.

La ville te suivra. Tu rôderas dans les mêmes chemins.

Tu rôderas aussi dans les mêmes quartiers.

Et dans ces mêmes maisons ta tête blanchira.

Tu arriveras toujours à cette même ville. Pour l’ailleurs – n’espère rien-

il n’y a pas de bateau pour toi, il n’y a pas de route.

Comme tu as démoli ta vie ici

dans ce petit coin, tu l’as perdue partout ailleurs sur la terre

 

 

Traduction GP. Photo: Santorin, village de Oia. (C) tous droits réservés à GP

 

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