par l’Ecole américaine d’Athènes (suite)
« L’Agora d’Athènes
Il faut accorder une place particulièrement importante, dans les travaux entrepris par les archéologues américains, aux fouilles de l’Agora d’Athènes. Sur ces vestiges s’étendait un quartier qui comprenait environ trois cent soixante demeures infiniment vétustes et plus de 5000 habitants. On connaissait mal l’extrémité occidentale de l’Agora, ainsi que ses côtés nord et sud; seule la « Stoa d’Attalos » en marquait la limite est.
Depuis 1931, les membres de l’Ecole américaine se consacrent essentiellement à cette tâche magnifique : le dégagement de l’Agora et sa reconstitution. Les travaux, entrepris avec le plein accord du gouvernement grec, ont reçu de John D. Rockefeller un généreux appui. Entre les deux guerres mondiales, et surtout depuis 1946, des déblaiements considérables ont été accomplis : les travaux de fouilles sont maintenant achevés presque partout, sauf du côté nord de la place où s’élèvent des maisons modernes.
En 1954-55, un comité de citoyens d’Athènes coopère avec les organisations américaines pour transformer l’Agora en un jardin agréable, planté d’arbres et de bosquets. En 1949, une autre décision avait été prise : on voulait restaurer la Stoa d’Attale, pour en faire un musée. Ce vaste édifice à colonnades et à étage, érigé au second siècle avant J.-C. par Attale II, roi de Pergame (ville grecque d’Asie Mineure), entre 159 et 138, servait à la fois de lieu de promenade pour les citoyens et la galerie de vente et d’exposition pour les marchands. Sous la double colonnade, plusieurs des vingt et une boutiques qui s’y trouvaient ont été reconstituées avec une perfection tout à fait remarquable.
On dit que les philosophes, et Socrate en particulier, se rendaient souvent à la Stoa de Zeus, à l’extrémité occidentale de la Place. La Stoa peinte, appelée en grec « Stoa Poikile », n’a pas encore été débarrassée des déblais qui la recouvrent sur sa face nord ; c’est ce monument qui a donné son nom à l’école des Stoïciens (IV° siècle avant J.-C.). Nul doute que, une fois sa mise à jour complètement terminée, cet édifice ne présente le plus grand intérêt pour les historiens de l’art et de la philosophie grecs. »
In : Informations et Documents, n° 66 du 1° mai 1957, revue publiée par le Centre Culturel Américain de Paris, p 33.
photo: Athènes, entrée de l’Agora, mur droit. (c) tous droits réservés à GP.