Question: Encore des Alphas ? Comment je fais pour m’y reconnaître ?

Réponse:  je regarde les articles, je trie adjectifs et noms, j’identifie les temps des verbes.

Από πάνω μας ήταν η γαζία, κι όταν ήταν ανθισμένη, η αυλή μοσκομύριζε. Αγαπούσα πολύ τα ευωδάτα κίτρινα λουλούδια της, τα έβαζε η μητέρα μού στις κασέλες και τα σώρουχα μας, τα σεντόνια μας, όλη μου η παιδική ηλικία μύριζε γαζία.

Nikos KAZANTZAKIS, Αναφορά στον Γκρέκο, Lettre au Gréco

 

Que faire ?

1 Je repère les verbes que je connais déjà.

2 J’identifie tous les autres verbes et je note leur terminaison.

3 Je regarde la structure du texte.

4 Je repère les articles.

 

Des réponses aux repérages :

1 je reconnais le verbe être à la troisième personne de l’imparfait : ήταν, mais est-ce un singulier ou un pluriel ? Je dois identifier le sujet pour avoir la réponse.

2 La fin du verbe varie selon le temps et la personne, c’est ce qu’on appelle la désinence. Certains verbes se terminent par la désinence – ε: μοσκομύριζε, έβαζε et μύριζε. Le dernier verbe se termine en -α : αγαπούσα. Ces verbes n’ont pas les désinences du présent : -ω, -εις, – ει. J’ai affaire à un autre temps, l’imparfait dont les désinences sont : -α, -ες, -ε. Je remarque que j’ai un verbe à la première personne et les trois autres à la troisième du singulier.

3- Phrase 1 : il y a de grandes chances pour que les mots entre virgules se rapportent au sujet du début du texte. Peut-il y avoir deux sujets dans la phrase ?

Phrase 2 : d’après les verbes, il y a plusieurs sujets à des personnes différentes. Trois membres de phrase sont terminés (devant la virgule) par des possessifs.

4 Les articles vont me donner des indications :

η : (nominatif féminin singulier) m’indique que le verbe ήταν est au singulier car le sujet est singulier.

τα : (nominatif/accusatif neutre pluriel) ne peut être un nominatif puisqu’on a vu que les verbes sont au singulier, il s’agit donc d’accusatifs.

της : (génitif féminin singulier) placé derrière le nom ne peut être qu’un possessif (d’elle).

στις: est la combinaison de la préposition σε et de l’article τις (accusatif féminin pluriel), il indique un lieu au féminin pluriel.

 

Questions à se poser ?

A Qu’est -ce qu’on entend par radical ?

B Combien y-a-t-il de personnages dans le texte ? Pourquoi μου et μας ?

C Pourquoi tous ces mots en -α ? Où sont les adjectifs et les noms ?

D Pourquoi les accents des verbes sont tantôt sur l’avant-dernière syllabe (la pénultième) et tantôt sur la précédente (l’antépénultième) ?

 

Des réponses aux questions :

A le radical est la partie du mot (verbe, adjectif ou nom) qui ne change pas, au début du mot. Cette racine permet de reconnaître ce mot, de l’identifier, de trouver sa signification dans le dictionnaire. C’est en quelque sorte la « carte d’identité » du mot. La désinence (fin du mot) varie selon la fonction de l’adjectif ou du nom, ou bien de la personne et du temps s’il s’agit d’un verbe.

μοσκομούριζ- est le radical du verbe, -ε est la désinence.

μητέρ- est le radical du nom, -α est la désinence.

όλ- est le radical de l’adjectif, -η est la désinence.

B 1 la personne qui dit αγαπούσα et μου

2 la personne/ chose dont on dit μοσκομύριζε et μας ? Ces deux mots vont-ils ensemble ? Pourrait-il y avoir une troisième personne ? Les autres mots sont-ils des personnes ou des choses ?

C J’ai déjà identifié le verbe αγαπούσα, je regarde les genres des articles pour déterminer à quelle catégorie les mots appartiennent :

η γαζία, η μητέρα, η (παιδική) ηλικία sont des substantifs (noms) féminins.

Τα ευωδάτα κίτρινα λουλούδια sont quatre pluriels neutres comprenant obligatoirement au moins un adjectif.

Τα tout seul est un pronom de rappel (pour ne pas re-citer un mot déjà écrit)

Τα σώρουχα, τα σεντόνια sont des substantifs pluriels neutres.

Le dernier mot : γαζία est un accusatif puisqu’il y a déjà un nominatif dans le membre de phrase.

D L’accent des verbes à l’imparfait  « remonte » au maximum ( on dit qu’il remonte car on considère qu’il va de la droite vers la gauche, i.e. de la fin du mot vers le début ). Il « tombe » sur la pénultième ou avant- dernière syllabe quand il y a une voyelle longue qui compte pour deux temps. C’est le cas le αγαπούσα. La diphtongue – ου (formée de deux voyelles) est longue. Ce – ου est le signe qu’on a affaire à un imparfait d’un verbe contracte : αγαπώ.

Quand toutes les voyelles sont brèves et comptent pour un temps chacune, l’accent remonte jusqu’à l’antépénultième, i.e. l’avant-avant dernière syllabe, car l’accent peut remonter jusqu’au troisième temps. C’est le cas de μοσκομύριζε.

 

Photo:  Paros, village de Lefkès (c)  tous droits réservés à GP.

 

 

 

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